La Genèse propose un retour à la terre, une immersion dédiée à la mémoire, au patrimoine, à la sève.
Sous la garde de Gaïa, déesse originelle de la Terre, le cep s’élève comme la matrice du vignoble. À l’image des racines qui puisent dans le sol pour nourrir le fruit, la Côte Chalonnaise s’est d’abord forgée dans la passion et le savoir-faire des Hommes, bien avant le dessin des appellations. Ce patrimoine végétal incarne la source vivante de cette identité.
Cette série de 35 visuels a pour fil rouge l’intégration des archives du Musée Niépce, faisant dialoguer le passé et le présent. Ici, le Point de vue du Gras s’invite au cœur de la composition : alors que la célèbre plaque s’apprête à retrouver l’appareil qui l’a vue naître, la présence de ce premier cliché dans l’image vient saluer la genèse même du médium. En se superposant à la réalité d’un paysage réinventé, ce patrimoine photographique fait entrer l’origine de l’image au cœur de notre mémoire collective.
Le geste plastique est ici guidé par l’encre de Chine, qui vient épouser la photographie. Un geste joyeux qui ravive le souvenir d’une enfance heureuse plongée, au quotidien, dans l’atelier d’une maman peintre. L’encre s’infiltre dans le tirage comme la sève dans le bois. La terre issue des vignes nous ancrant à l’origine, ce patrimoine intime devient le fil conducteur de mon récit artistique.
Entre la noirceur du pigment, l’empreinte de l’archive et le graphisme du cep, l’image rassemble ces mémoires vivantes pour livrer une véritable archéologie intime des origines.
